samedi 16 mars 2013

Le premier jour de ma vie.




C’est l’été. Et c’est le premier jour de ma vie.

 Une quinzaine de nuits claires, durant lesquelles on pouvait voir la lune au travers des fenêtres de la cuisine se sont écoulées. Maman est plus sereine désormais. Depuis que nous sommes autonomes, elle reprend du « poil de la bête ». Nourrir sept chiots n’a pas été mission facile et Maman qui de nature, n’était déjà pas bien grosse a fondu à tel point que je me suis inquiété pour sa santé. Mais désormais, c’est terminé. Elle vit toujours dans la maison avec nous et  Ma’tante. Nous ne venons  plus vers elle que pour les câlins et si par hasard l’un des plus nigauds d’entre  nous voulait encore téter.  Elle l’envoie paître et c’est bien ainsi ! Car nous devons devenir des chiens autonomes et forts. Mais pour les moments tendres, elle est toujours là.

Ce jour est « le grand jour » et nous avons tous le cœur serré, car c’est celui des adoptions. Celui où nous quittons Maman, Ma’tante, le berger et sa maison. Maman est heureuse pour nous tous et je le crois, un peu plus pour moi encore. Parce que j’étais le dernier et que souvent le dernier est le « plus mal placé ». Plusieurs fois ces derniers jours, elle m’a rassurée me disant que j’avais de la chance et que même si j’étais le dernier adopté, je n’étais surement pas  le plus mal placé. Mais que pourrait dire d’autre une gentille maman à un de ses chiots inquiets ? Moi j’aimerai simplement  ne jamais  devoir quitter maman…

Il est convenu que les « maîtres », ne viendront nous chercher qu’à partir de dix heures trente. Il est dix heures et  quelques et nous avons encore le temps devant nous. C’est d’ailleurs le moment du repas du matin, du lait de chèvre et du pain. Mais je n’ai pas grand appétit. C’est l’été et c’est le matin. Le temps est doux. Au travers des fenêtres, le soleil baigne déjà la petite cuisine de ses rayons. L’air est chaud dans la maisonnette, mais la tommette reste fraîche sous les pattes.  Le berger frotte sec le sol du salonn car comme chaque jour, la maison embaume l’odeur des cacas et des pipis. Nous avons encore le temps, mais pourtant on frappe déjà à la porte… Mon cœur se sert, car le premier de ma fratrie va s’en doute s’en aller et rejoindre sa « nouvelle famille ». Cela me chagrine de penser qu’en tant que dernier, je vais les voir partir les uns après les autres avant que ce soit mon tour. Je vais surtout voir les yeux tristes de Maman. Je crains que ce ne soit une bien difficile journée pour elle. 
La porte s’ouvre et la pénombre se fait. Ma petite sœur noir et blanche me chuchote à l’oreille :

 «  C’est pour toi… »

Elle se trompe, ce n’est pas possible, car moi je suis le dernier ! La pénombre n’est qu’un effet d’optique !  Renifle et  tu sentiras un doux parfum fleuri ! Écoute et tu entendras une voix féminine qui appellera son « bébé! » ou « son loup! ». Mais çà sent le cuir et personne n’appelle…En vrai, c’est lui. C’est mon bipède à moi.

Il est bien en avance, il s’en excuse auprès du berger. Je croise le regard de Maman et je voudrais que cet instant ne finisse jamais. C’est terriblement dur de savoir que tout se termine et qu’on doit malgré nous, partir. C’est difficile de prendre conscience que le présent n’est plus et que désormais, il faudra compter avec un passé. Moi, je ne veux pas que mon présent devienne le passé. Je ne veux pas que les choses changent… Le bipède discute de nouveau avec le berger. Le berger est inquiet, Maman l’est aussi et même Ma’tante soupire. Moi et la fratrie, nous sommes à la limite du salon et de la cuisine. Personne n’ose franchir le pas, surtout pas moi…Le berger vient vers nous. Il vient vers moi. J’aurais envie de fuir de traverser la fenêtre par laquelle le soleil nous réchauffe chaque jour. De retrouver Papa, afin qu’il me protège. Mais je reste là. Il me cueille et me remet dans les bras « du maître ». J’ai peur et je suis triste. Même si le contact est aussi  tendre que la première fois et que son cœur d’humain bat aussi vite que le mien. 
J'entends ma petite soeur noire et blanche: "Bonne chance à toi,  frère! "

Il m’amène à Maman. Elle est triste et heureuse à la fois et cela me rassure un peu. Elle et moi nous nous disons des choses qui ne concernent que nous et que je ne vous livrerais pas ici. Sachez juste qu’elle me dit qu’elle m’aime, que le fait que mon maître soit le premier à venir me chercher est un bon signe. Qu’elle me souhaite tout le bonheur du monde et qu’elle me demande de ne pas l’oublier.

Le bipède qui sent le cuir me reprend dans ses bras et nous quittons la maisonnette du berger. Dehors, le soleil brille et ça m’agresse un peu les yeux. Nous traversons la rue. Je suis moi, dans ses bras. En regardant en arrière, je vois que la façade de la maison est peinte de jolis moutons. Cela me confirme que je suis né dans une vraie bergerie. Mais là, j’ai le cœur gros… Il ouvre la porte d’une petite automobile et il m’installe dans un carton ! Je reconnais qu’au fond  de celui-ci,  il y a cependant un bon cousin. J’y découvre deux objets énigmatiques. Un os en plastique et ma première balle !  

Le berger n’a pas envie de me voir partir, je le sens bien et il fait en sorte de retarder l’instant.  Il dit qu’il aimerait avoir des nouvelles. Le bipède répond qu’il en donnera. Mais c’est  déjà trop tard pour faire demi tour. Mon avenir est désormais tracé. 
Alors, je grimpe dans cette voiture. Je le regarde, il me regarde. Il a un bon sourire, lorsqu'il me dit:
"Bienvenue Clyde, je t'attendais depuis si longtemps".


mardi 26 février 2013

C'est l'été. (Mon plus vieux souvenir)

C’est l’été et c’est mon  plus vieux souvenir.
C’est l’été et c’est le matin. Le temps est doux. Au travers des fenêtres, le soleil baigne déjà la petite cuisine de ses rayons. L’air est chaud dans la maisonnette, mais la tommette reste fraîche sous les pattes. Il doit être aux environs de dix heures et c’est l’heure du repas du matin. Du  lait de chèvre avec du pain dans une grande écuelle, une grosse poignée de croquettes dans l’autre. Nous fonçons presque tous vers le lait. Les croquettes, c’est si sec…
Le berger nous a tous bloqué dans la cuisine. Il faut dire qu’après une nuit , ça pue la crotte et le pipi dans sa petite maison !  C’est un peu normal, car nous sommes sept. Sept petits chiots de ferme noir et blanc, à peine sevrés.
Enfin noir et blanc, c’est une image. Car seule la plus petite de mes sœurs l’est vraiment. Elle a des yeux magnifiques, bleus et presque transparents Les cinq autres sont des merles avec aussi de beaux yeux clairs.
Moi je suis un tricolore, j’ai les yeux bleus mais foncés.

C’est l’été et c’est le matin. Pendant que nous mangeons, le berger astique le salon que nous avons pris soins de souiller. Maman qui est autorisée à dormir la nuit avec nous  et « la vieille Ma’tante », celle qui vit au quotidien dans la maison du berger, ( à cause de ses vieux os), attendent sagement qu’il ait fini, perchées sur les fauteuils.
Je sens que depuis quelques jours, Maman est inquiète. Mais ce qui m’inquiète moi, c’est qu’elle est inquiète pour moi...
Tous mes frères et sœurs ont déjà été placés, par le "ouï-dire". La bergerie a beau être petite, elle est servie par de très bons chiens. Spécialement Papa qui est très fort et courageux.  Je ne connais pas papa. Il vit au chenil.
Grâce à cette bonne réputation, mes frères et sœurs sont partis comme des « petits pains »! Ils ont été placés de suite! La plupart dans des fermes alentours et deux de mes sœurs vont partir ensembles dans une même famille, plutôt citadine, avec une très belle automobile. Il faut dire que les chiens merles ont un véritable succès.
Ma petite sœur noire et blanche a aussi trouvé une famille, c'est normal, elle est si jolie!
En vrai, le seul qui ne soit pas encore placé ici, c’est moi. Si moi, je m’en fiche et que je me verrais bien vivre pour toujours ici auprès de maman. Elle, elle s’en inquiète. La vie est ainsi faite que les chiots doivent partir. Maman craint que  pour ceux  qui comme moi, restent les derniers et traînent un peu trop aux rayons de l’adoption. L’avenir soit incertain.
Ce qui inquiète Maman, c’est que mon adoption ait été proposée à l’Internet. Un peu comme si j’étais offert ou bradé. Le berger a tenté de la rassurer, lui disant que je ne serais pas mal placé. Mais c’est plus fort qu’elle…Elle est inquiète pour moi.
Elle est spécialement inquiète ce matin, puisqu’un bipède vient me visiter. Du coup, j’en suis moi  même aussi, un petit peu stressé.

C’est l’été et c’est encore le matin. Il doit être aux environs de dix heures et demie. Le soleil donne encore dans la cuisine et la tommette est toujours fraîche sous les pattes. Je « fais la bagarre » avec un de mes frères et je gagne ! On toque du dehors. Maman relève la tête. Le berger se dirige vers la porte et l’ouvre. D’un coup, j’ai le trac.
Par-dessus la planche qui nous barre l’accès du salon, je croise le regard de maman. Elle sourit, mais… Elle est terriblement stressée, je le sens.

Il est Grand ! Qu’est ce qu’il est grand ! Plus grand que le berger même !  Il doit mesurer au moins cinq mètres de haut, tant il est grand !  Pour vous dire, lorsqu’il franchit la porte de la maison, la lumière baisse et on se trouve presque dans la pénombre. Il sent le cuir. Ce n’est pas désagréable en vrai, mais ça change des parfums fleuris des dames qui viennent nous voir. Lui, il est seul, pas de dame, pas d’enfant avec lui.
Je croise son regard de derrière ma planche. Mince, ce bipède là, ne me semble  pas commode…

Il s’installe avec le berger et ils papotent un peu. Le berger  lui présente  Maman et  Ma’tante. Il vante les mérites de Maman et le bipède reconnaît qu’elle est bien jolie. Ma maman, il faut le savoir est elle aussi une de ces jolies merles qui plaisent tant!  Elle a un pedigree et vient de Belgique ! Ma maman est une vraie princesse !

Maman quitte son fauteuil et va à lui. Il se baisse pour la flatter et il  parait de suite moins grand. Maman remue la queue, c’est plutôt bon signe…
Le berger vient vers nous et retire la planche qui nous empêche d’entrer dans le salon. Nous sommes alors sept à pencher la tête pour mieux voir ce qui se passe. Je crois que la mienne pend plus que celle des autres…
Ma petite sœur noir et blanc me dit : « Il est venu pour toi ? ».
Je lui réponds : « Je crois bien. »
Elle insiste : « il est très grand et ne semble pas commode. »
Je concède qu’elle n’a pas tort.
« Peut être que tu lui plaira pas et que tu resteras ici  Ne t’inquiète pas trop.»
Cela ne me rassure qu’à moitié...
C’est silence dans notre fratrie et tous nous retenons nos souffles. Le berger m’attrape et soudain, je m’envole. Il se dirige vers le bipède me met dans ses mains et dit : «  C’est celui-ci. »

Les mains du bipède ne sont pas si énormes que çà. Mais je retiens toujours mon souffle. En vrai, je suis presque en apnée là !  Il me porte vers lui, me sert tout contre  et j’entends alors battre son cœur. Son cœur de bipède bat la chamade! Il bat presque aussi vite que le mien ! Il me porte vers son visage et nous nous retrouvons les yeux dans les yeux. Il a un bon regard et d’un coup, j’ai envie de penser qu’il est finalement pas si incommode que çà.
« Il parait que tu es le dernier de la fratrie, petit bonhomme ? Serais tu partant ? »
Là, à chaud comme çà,  je dirais bien que oui. Je regarde Maman et elle ne me semble plus si inquiète que çà. Le bipède me repose et je fonce retrouver les miens. A ma vue, ils osent faire un pas dans le salon. A peine arrivé à eux, ils piaillent leurs questions et leurs commentaires :
« Alors ? Dis nous !  L’est Grand, hein ? Commode ? Il est comment ? Bizarre ! T’as eu peur ? Y t’as serré fort ? Crois tu qu’il va te manger ? L’est t’y gentil ? Mon pauvre, t’as eu peur ?
J’ai la tête qui tourne un peu. Je l’observe. Il discute toujours avec le berger. Maman est à côté, elle sourit et remue de la queue. Ma’tante somnole sur son fauteuil.
Il tourne la tête vers moi. Il sourit. Il se penche, tend la main et même s’il ne me nomme pas vraiment, je sais alors que c’est à moi qu’il parle. Alors je fonce et devant cet entrain, mes frères et sœurs font de même ! On est sept à lui sauter dessus ! Le bipède rayonne et il n’a pas assez de mains pour flatter tous ces "petits culs". Le berger est content, maman est ravie et même Ma’tante a un petit sourire !
Je suis de nouveau inquiet. Il faut dire que mes frères et sœurs font les intéressants auprès de lui d’un coup! Et que ça ondule du croupion ! Et que çà donne des bisous ! Comme si ils avaient oublié qu’il était grand, pas commode et qu'il sentait le cuir!  J’ai peur  que l’un d’eux ne viennent  me le voler.
Je me dis: « Lui s’en fiche que je ne sois pas un joli merle aux yeux porcelaine ! Ne me le piquez pas, s'il vous plait! ».





mercredi 20 février 2013

Uen-Opis (l'Oeil du Clan)

Depuis hier, Maitre Clyde m'a libéré de ma collerette. Mais seulement sous sa surveillance, car (pour ce qu'il m'en a expliqué), il craint qu'en me grattant les oreilles, je ne m'arrache à nouveau ma paupière! Il est nigaud parfois le maitre... Comme si j'allais ainsi me faire du mal! Mais bon, dans le fond c'est touchant.

Mais qu'importe, car en réalité, je savoure! Si vous saviez combien, c'est pour moi un bonheur d'avoir de nouveau accès directe vers mes pattes et mon ventrou!  A peine maitre Clyde m'avait il libéré de ce carcan, que je me suis lancé dans ma toilette! Spécialement celle de mon "intimité" ! 
De vous à moi, çà urgeait  grave, depuis quelques jours!!! Je me suis appliqué et j'y ai mis le temps qu'il fallait!
Je me suis un peu fait engueuler, lorsque je me grattais l’oreille droite et pas du tout lorsque c'était la gauche! Je crois que ça doit tenir au fait que c'est de ce côté là que  ma paupière a été blessée...

En attendant, je vais bien. Juste que maitre Clyde est encore vachement inquiet et que dès que je fais un peu le dingue, il gueule. Mais je sais bien que c'est parce qu'il m'aime et qu'il se fait du mouron pour moi.

Cet après midi, il m'a regardé droit dans les yeux et il m'a dit:
"Avec cette cicatrice sur l’œil, tu ressembles à Commios l'Atrébate."  J'en suis resté baba.
Il faut que vous sachiez que pour Maitre Clyde, Commios, ce n'est pas n'importe qui!  Il est le héros Gaulois qu'il idéalise, un de ses lointains ancêtres. 
Un jour, un ami Gaulois l'a qualifié de "CommioGenos", (descendant de Comm). Mon maitre était ravi. C'est amusant, ce genre de réaction! C'est aussi un peu bizarre. Est ce que je me félicite moi d'être descendant de Marquis? ...

Quoiqu'il en soit, en me surnommant ainsi  "Commios", je sais que maitre Clyde me fait un grand honneur. 
De vous à moi, j'en suis flatté, flatté et ému.


De son côté Einstein s’inquiète un peu. Il me dit:

- "Si tu es Commios l'Atrébate, blessé à la face par un ennemi. Sachant que c'est moi qui t'ai fait mal. Est ce que Maitre Clyde ne voit pas en moi, le Romain Caius Volusenus? Si c'était le cas, je mourais sur le champs!"

Je lui réponds:
-"Ne t'inquiète pas mon frère, je crois que pour maitre Clyde, tu es un peu comme Corréos le Bellovaque! Une tête de mule!"

Cela lui a plu, car il est reparti en dodelinant de la queue.

E'Clyde TriCanauos, ton ami à quatre pattes. 
(En la date du quatrième jour du miđ Ogronn  de la moitié claire de la lunaison de l’an 3885 de l’ère de la bataille de la Plaine des Tertres .)

jeudi 14 février 2013

Je jure par les dieux que jure ma tribu...

 Aujourd'hui, nous sommes le dixième jour du miđ Anagantio de la moitié sombre de la lunaison de l’an 3885 de l’ère de la bataille de la Plaine des Tertres et c'est un très beau jour!  
Ce matin E'Clyde et maitre Clyde sont partis tôt chez le docteur des chiens. Il s'agissait d'aller faire enlever les fils et les agrafes que Clydou avait à l’œil depuis notre bagarre.
Même si tout semblait aller bien. J'étais  inquiet pour mon frère de lait.   Il faut dire que E'Clyde devait  de nouveau être endormi et comme la dernière fois, il avait fait une crise d'épilepsie...
J'étais inquiet. Si vous saviez combien j'étais très inquiet et me sentais coupable!

Ils s'en sont allés et Benca et moi nous les avons attendu.
C'est toujours très long lorsqu'on attend anxieux et  pourtant cette fois ci, ça presque passé vite. Ils sont revenus et E'Clyde marchait tout seul! Il n'était pas "dans les pommes", comme la dernière fois! 
Si vous saviez combien j'en ai été heureux!

Maitre Clyde nous a dit combien Clydou avait été courageux! Tellement courageux que le docteur des chiens n'avait pas jugé utile de l'endormir pour lui enlever ses fils!  J'avoue que sur le coup,  je l'ai admiré pour çà. Sous ses dehors de gros chiot nigaud, il n'est vraiment pas douillet. 
Son oeil va mieux. Il doit garder sa collerette  et mettre de la pommade pendant encore quelques temps. Mais il va bien et finalement rien de  trop grave n'est arrivé.
Si vous saviez combien je suis soulagé...

 Je jure par les dieux que jure ma tribu! Plus jamais de telles bagarres entre nous!  
Merci Epona, Merci Belenos, Merci Sucellos, Merci à Teutatès et a toutes les Déesses protectrices et guérisseuses qui ont pris soins de mon frérot.



To Soldurio-Einstein TriCanauos, (ton dévoué jusqu'à la mort, Einstein TriCanauos)

jeudi 7 février 2013

Imon Cori-Ppus. (Mon oeil fermé)

Ce jour, nous sommes le quatrième jour du miđ Anagentio, de la moitié sombre de la lunaison   de l'an 3885, de l'ère de la bataille de la Plaine des Tertres.  C'est un jour sombre dans le calendrier des Celtes. Mais finalement, c'est un jour clair pour moi, car "Imon Cori-Ppus" ( mon oeil fermé) va mieux.



Bien sur,  je suis encore contraint de porter une collerette. Je suis contraint de supporter  stoïquement  que maitre Clyde me mette de l'eau et de la pommade dans les yeux. Cela pour une une semaine encore au moins.
Bien sur, j'ai dû renoncer et ce n'est pas facile! A mes balles, mes ballons, mes jouets, mes peluches, la bagarre avec Benca & Einstein, courser les poules,  courser les chats,  faire des sauts périlleux. Troupeauter la brouette de maitre Clyde lorsqu'il fait du bois, me rouler dans la gadoue et toutes ces choses sympathiques  et dont on a pas conscience avant qu'elles ne nous manquent un jour... 
 Mais ça va quand même! Car  si ma paupière est amochée,  je n'ai rien à l’œil. (Depuis deux jours,  il ne coule d'ailleurs presque plus). Il dégonfle et maitre Clyde  serait presque heureux, s'il ne restait pas cette petite "bouloche de chair rouge". 
Moi je ne suis pas inquiet! Çà va passer.

Jusqu’à ce soir, Mon Frère Einstein était mal à l'aise avec moi. Je crois qu'il se sentait un peu coupable. Malgré ses dehors de gros costaud, que rien ne semble pouvoir toucher. Je le sentais désolé. Si j'osais, je dirais même qu'il était aux petits soins pour moi. Il me laissait le passage. Ne répondait pas à mes provocations. C'était limite inquiétant!
Mais il y a deux minutes, je l'ai jaugé avec un rictus moqueur. (En vrai, je l'ai provoqué grave!)
Pour la première fois depuis une semaine, il m'a répondu comme il le faisait d'habitude ! Avec son sempiternel:
-"Kes ta?  Kes ta ta!"

Il était prêt a me sauter dessus, le bougre!!!
 ...

Maitre Clyde est intervenu de suite! Là, je dois dire que ça n'a pas trainé! Il a fait la grosse voix! La très grosse, celle qui fait très peur.  Einstein a été envoyé à son panier et moi aussi! Même si je suis consigné, je suis content, les choses reviennent à la normale! 
Si Einstein veut à nouveau me faire la peau, alors que depuis une semaine il errait comme une âme en peine, baissant les yeux et soupirant en me regardant. C'est bien la preuve que je vais mieux! 

Ton ami à quatre pattes, E'Clyde TriCanauos. 




jeudi 31 janvier 2013

Ma grande faute.

Ce jour, nous sommes le douzième   jour  du miđ Anagentio  de l'an 3885, de l'ère de la bataille de la Plaine des Tertres. Ce devrait être un jour clair. Mais pas dans mon coeur car aujourd'hui lors d'une de nos éternelles bagarres, j'ai blessé sérieusement mon frère E'Clyde. Je lui ai arraché d'un coup de dent une paupière et il s'en est fallu de peu que je ne lui crève  aussi l’œil. Ce soir à Senos Goba, nous sommes tous forts malheureux et plus que malheureux moi je suis en aussi accablé par ma culpabilité. J'ai commis là une grande faute... 
Lorsque j'ai vu E'Clyde saigner, j'ai su que c'était sérieux. Lorsque j'ai vu le maitre se précipiter et lui coller une compresse sur l’œil, j'ai su que c'était grave. Il nous a mis dehors Benca et moi.
Elle me demandait: 
-" Qu'as tu fait?"
-"C'était juste une bagarre comme tant d'autres..."
-"Qu'as tu fait Einstein?"
-"Je crois que je lui ai fait mal..."

Le maitre nous a fait rentrer, il a sorti le collier et la laisse de Clyde et j'avoue que j'ai bien compris qu'il ne s'agissait pas là d'une  simple balade. Ils sont partis tous les deux chez le docteur des chiens. Il était tard et croyez moi, j'ai croisé les doigts de mes pattes pour que ce ne soit pas trop tard. J'avais vu la paupière d'E'Clyde pendre sur sa joue...
-"Qu'as tu fait? " me disait Benca.
-"Qu'as tu fait, Einstein?"
 Nous les avons attendu tous les deux  dans le noir.   Moi plein de remords, elle pleine de rancunes envers moi.

Nous avons attendu longtemps, une éternité m'a t'il semblé. Maitre Clyde est revenu tenant dans ses bras E'Clyde. Un instant, j'ai cru qu'il était mort et mon coeur s'est arrêté. Mais il était juste groggy. Lorsque le maitre l'a installé au salon et que j'ai vu qu'il remuait de nouveau. Alors, je me suis mis à revivre... Mais juste un peu.
E'Clyde est au salon. Il dort aux pieds du maitre. J'aimerais tellement dire que sa blessure ne se voit pas, mais ce ne serait pas vrai. Le pauvre est vraiment défiguré  et c'est par ma faute... Son pauvre oeil est gonflé et  sa pauvre paupière ne tient qu'avec du fil de fer...

Nous avons mangé chichement ce soir. Il était prévu "pâté de chiens aux pâtes". Les pâtes à moitié cuites iront demain aux poules. Benca et moi avons diné aux croquettes. Elle a tristement fini son assiette et moi, je ne l'ai pas touchée.  Je ne peux pas manger ce soir. J'ai comme un nœud dans l'estomac.

Maitre Clyde écrit. Clydou est endormi a ses pieds. Moi j'observe de loin depuis la cuisine. Benca est avec moi, mais elle fait la gueule.  Pendant que nous les attendions plus tôt dans le noir, elle m'a dit que j'avais ce soir,  "joué  mes couilles"...
elle n'a pas tort Benca et je les offre sans soucis, si mon frère Clyde s'en tire sans trop de bobos...
Je m'en veux tellement de ce que j'ai fait.

DrucoEinstein TriCanauos, du Clan Senos Goba TriCanauos.
 

jeudi 24 janvier 2013

TioTiginusClyde BrisSrogna (Le nez cassé de maitre Clyde.).

Ce jour, nous étions le quatrième   jour  du miđ Anagentio  de l'an 3885, de l'ère de la bataille de la Plaine des Tertres. Un jour de célébration chez nos ancêtres Gaulois, puisqu’il est celui d' Ambiuolcato. Mais ici, si vous me permettez l'expression... Il a été "un jour de merde". On a, à peine vu maitre Clyde cet après midi. Il réglait des "soucis administratifs"...

Ce jour avait pourtant bien commencé, puisque vers trois heures ce matin, alors que je sommeillais à peine, car j'étais de garde auprès "du feu", de la "porte du salon" et la  "chambre du maitre". J'ai entendu dehors le bruit d'une voiture qui ne m'était pas complétement inconnue. Ce n'étais pas le bruit de "notre voiture à nous", mais celle  dans laquelle Maitre Clyde monte souvent lorsqu'il part vers la mine de sel, "ousqu'il bosse pour acheter des bonnes croquettes pour nous."
Vous imaginez bien combien j'étais en joie! Moi je suis un malin, j'ai de suite compris que Maitre Clyde était de retour à la maison. Il revenait plus tôt!
 Il a  ouvert la porte qui donne de mon salon à la cuisine où dorment la nuit Benca et Einstein et ce n'est pas sans un certain amusement que j'ai constaté que chez eux, il y avait une crotte et un gros pipi! Alors que moi, je n'avais pas souillé le salon! Mais j'ai rien dit!
Comme d'hab' j'ai embrassé mon maitre! Einstein faisait le kangourou et Benca  dodelinait du croupion devant la porte, sous entendant que ça urgeait et que le gros étron et le pipi n'avait rien à voir avec elle. Le maitre a ouvert la porte, ils ont filé, mine de rien  et je suis sorti moi aussi de bon cœur. Car j'avais envie...

Nous sommes rentrés, c'est là que j'ai vu qu'il y avait un soucis. Le museau de Maitre Clyde était différent. En vrai, il avait doublé de volume. Un temps, j'ai cru avoir la berlue, alors je l'ai regardé attentivement...
Je l'ai regardé. Il faisait la gueule.
Il m'a regardé...
Je l'ai regardé un peu plus encore. Il faisait toujours la gueule.
Il m'a regardé...
Je l'ai regardé avec insistance et j'ai hoché de la tête.
Il s'est marré!
 Maitre Clyde avait une drôle de tête, mais lorsqu'il a rit. Je m'en suis foutu qu'il ait été bizarre! J'y ai sauté dessus!!!  Einstein et Benca ont fait pareil et on s'est fait gentiment engueulés! Mais c'était pas  grave!

En vrai,  un "sale chevron branlant" dans la mine où il  travaille, a cassé le nez de maitre Clyde, la nuit dernière! C'était une "poutre pourrie et imbibée". elle l'a prise par surprise et même s' il a répliqué direct et lui a explosé un "noeud", je crois que mon maitre est fâché de s'être fait avoir. Maitre Clde est, il  faut le savoir un peu fier et imbu de sa personne  parfois...

Maitre Clyde a un nez gros et un peu de traviole, ce soir... Je crois que ça doit être douloureux, car il n'est pas à prendre avec des pincettes... 
De vous à moi, j'ai bien compris que c'était pas un soir a venir lui poser sur les genoux ma vingtaine de jouets. Je reste sage, Benca l'est comme a son habitude et même ce petit con d'Einstein ne cherche pas les embrouilles. 
Le bon côté, c'est qu'il  reste ce soir avec nous, car on ne peut pas bosser à la "mine de sel" avec un nez cassé! Ce ne serait pas sérieux. Il est donc là, avec nous et ce  jusque la fin du mois, soit une dizaine de jours!
Dix jours... 
Je dirais que ça donne un certain charme à maitre Clyde d'avoir un nez cassé!

E'Clyde TriCanauos. Ton ami à quatre pattes.

Bienvenu au Pays Yann.

Aujourd'hui à Roissy, quelqu'un d'important est revenu au pays. 
Non, ce n'est pas comme beaucoup d'entre vous le pensent, l'égérie des politiques, l'ancienne compagne d'un kidnappeur Mexicain. Cette personne importante, c'est Yann Desjeux, alias "Dany". Enfin c'est son corps. 
Yann Desjeux est un des otages Français anonymes tué en Algérie. Lui n’intéresse pas les médias...
D'aucun de ceux qui ont été otages avec lui disent pourtant qu'il a été héroïque. Mais la France s'en fout. La France n'aime pas les héros. Elle cultive la médiocrité.
Là, où tu es désormais Yann, tu sais que nous sommes un certain nombre ce soir, à penser à toi et rien qu'à toi.




lundi 21 janvier 2013

Testament d'un roi.

Au nom de la très Sainte Trinité du Père du Fils et du St Esprit.

Aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze.
Moi Louis XVIe du nom Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser.
Je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.
« Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.
« Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.
« Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique.
Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur.
Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
« Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
« Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
« Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.
« Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
« Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité.
Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.
« Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
« Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma soeur comme une seconde mère.

« Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
« Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
« Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
« Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.
« Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
« Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
« Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait double à la Tour du Temple le 25 décembre 1792. 


 Le 21 janvier 1793, Louis XVI fut exécuté place de la révolution, ( place de la Concorde), à Paris.