Cet après midi, maitre Clyde m'a pris à part et il m'a dit:
-" Einstein, je vais aller explorer un peu les alentours de cette sombre forêt. Depuis le temps que nous vivons ici, je ne l'ai pas encore fait. Je ne suis jamais sorti des chemins balisés. Le temps passe et bientôt l'hiver viendra et ce sera encore une raison de repousser cette exploration.
Seulement, c'est peut être risqué et je ne sais si, on n'y fera pas de mauvaises rencontres. J'ai donc besoin d'un Ambact, es tu partant?"
Et comment que j'étais partant! Qui sinon moi aurait pu assurer la protection de maitre Clyde, contre les sangliers, les loups, les Romains ou les rhinoféroces? Je me permets de vous rappeler que le gardien du clan, c'est moi! Dès lors si le chef du clan part à l'aventure, c'est tout logiquement à moi qu'incombe de le protéger. C'est une dure vie, certes... Mais c'est ainsi et je ne suis pas du genre à me déballonner!
Du coup, j'ai dit oui en sautant comme un kangourou enragé, qui voudrait faire un "Tumultus Gallicus". C'est ma façon à moi de dire que je suis partant.
Nous avons pris la route en remontant par le village, sur le chemin de Créquy. Le temps était frais et le ciel couvert. C'était bien pour la promenade.
Juste derrière l'église, il y avait de jolis moutons. Benca aurait beaucoup aimer passer là. Mais bon... Nous étions en mission spéciale et risquée... Devoir en plus protéger Benca n'aurait pas été très sérieux.
On a suivi le chemin des champs pendant très longtemps, croisant parfois des vaches. On a aussi croisé, quelques chiens de ferme. Les chiens de ferme sont généralement de grosse brutes qui vous foncent dessus en aboyant. En vrac, on a eu droit à un dalmatien sans pois, un Bouvier Bernois, quelques Bergers Germains, un Jack Russel. Ceux là faisaient les malins parce qu'une barrière les protégeait. Je ne me suis même pas retourné vers eux.
Mais le plus vindicatif a été un Braque de Weimar. Il a déboulé de sa cour en faisant la grosse voix et a traversé la rue, sans même regarder si une voiture arrivait. Ce "gros Germain" croyait m’impressionner, parce qu'il devait peser vingt kilos de plus. Mais moi, je suis un chien Celte! Un "Ambact Gaulois", descendant direct des chiens de guerres Belges . Je n'ai pas peur des Germains et surtout pas des gros! D'ailleurs E'Clyde est presque aussi baraqué que lui. C'est dire comme çà me fait rire! Je me suis alors tourné vers lui sans broncher. Je l'ai regardé droit dans les yeux et il s'est calmé direct.
Maitre Clyde m'a dit: "Allez Einstein, on avance."
J'ai obéi, tout en me retournant de temps en temps vers le Germain qui faisait mine de nous suivre (de loin).
Comme il insistait un peu, Maitre Clyde s'est retourné lui aussi et il a demandé de retourner chez lui. Moi, je lui ai dit: "Dégage!" en chien. Le Germain a déguerpi sans demander son reste.
Quittant ce malotru, nous avons alors pris un chemin qui nous amenait dans la forêt. Maitre Clyde était confiant, car au départ, ce chemin semblait bien fréquenté. Il était sur de savoir s'orienter dans les bois. Faut dire que Maitre Clyde est souvent ainsi. Toujours sur de lui! ... Avant de commencer à douter...
Mais bon, moi malgré tout, j'étais partant pour l'aventure.
On s'est enfoncé dans les bois et on a marché longtemps. J'aime les bois, ils sentent si bon la vie sauvage. C'est un bonheur que de marquer les troncs d'arbres et les buissons qu'ont souillé les loups et les ours. Par contre, à ma grande déception nous n'en avons croisé aucun. Juste des lapins, un faisan et une fouine. Néanmoins çà bruissait dans les buissons et j'étais sur mes gardes. Juste au cas où...
Au départ, le maitre faisait pas mal de photos...
Mais le chemin est devenu boueux. Visiblement, il ne devait pas être aussi fréquenté par les bipèdes en balade qu'il ne le pensait. J'ai à plusieurs tentatives, essayé d'attirer l'attention du maitre sur les troncs des arbres, afin qu'il voit qu'aucun signe ne laissait supposer un chemin de balade. Mais il n'était pas inquiet. Il me montrait des traces de chevaux en me disant que des gens passaient ici. Moi je veux bien les traces de sabots. Mais il était à pieds et pas à cheval. Ça risquait d'être long...
Le chemin est devenu de plus en plus boueux. A certains moments, on devait monter sur le talus pour ne pas se salir les pattes. Je crois que Maitre Clyde a commencé à se poser des questions, car à ce moment là, il a rangé son appareil photos.
Il m'a dit:
" T'inquiète pas Einstein, tous les chemins mènent à Rome! T'as mal aux pattes?"
En vrai, je n'étais pas inquiet et je n'avais pas mal aux pattes. Seulement, je n'avais aucune envie d'aller à Rome, mais plutôt vers la maison et en laissant le maitre choisir le chemin, ce n'était pas gagné...
J'ai repris espoir lorsqu'il a choisi un chemin de forestiers. Si de grosses machines arrivaient ici, c'est qu'elles venaient bien de quelque part.
On a marché longtemps! Au moins cent kilomètres et on a trouvé enfin un champs!!!
Maitre Clyde voulait encore savoir si j'avais mal aux pattes et bien non, toujours pas. Par contre, je le soupçonne lui d'avoir mal aux pieds. Je ne lui ai pas demandé, car de toute façon il ne l'aurait pas avoué.
On a encore pas mal marché jusqu'aux premières maisons.
Lorsque nous avons récupéré une route connue. Nous étions à cinquante kilomètres de chez nous!
Alors on a marché encore, jusqu'à Senos Goba. Sacrée balade en vérité et j'ai même pas croisé un ours...
Ce soir, lorsque le maitre sera au lit, je raconterais cette aventure à E'Clyde et Benca.
J'en connais un qui va être vert de jalousie.
Einstein TriCanauos, ton ami à quatre pattes.
PS du bipède:
"Einstein a tendance à tout exagérer.
Disons qu'il a multiplié notre chemin par dix... Mais quand même. J'ai les pieds lourds, ce soir".
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samedi 1 septembre 2012
vendredi 8 juin 2012
lundi 7 mai 2012
Jeanne dans l'église Saint Martin de Fressin
Cette statue de Jeanne d'Arc n'aurait en soit rien d'exceptionnelle, puisqu'elle est récente et qu'elle date du début 20eme siècle. Sa seule particularité pourrait d'être en relation avec l'écrivain Bernanos. Elle se trouve en effet, dans l’église Saint Martin de Fressin. Le village d'Artois, où l'écrivain passa les étés de son enfance.
Est ce là sa seule particularité?... Non pas si sur...
L'église Saint Martin fût construite au XV par les seigneurs des Créquy. Si la chapelle seigneurial, la plus ancienne pièce de l'église est dédiée à Jean IV, son tombeau de marbre noir s'y trouve encore. Il va sans dire que sont fils, Jean V, seigneur de Créquy de Canaples et de Fressin et chevalier de l'ordre de la toison d'or. (Celui qui avait succédé à Raoul "l'Etendard", mort à Azincourt,) A contribué à la construction de cet édifice. Il en fût même le maitre d’œuvre.
Mais Jean V avait pour suzerain; Philippe le Bon, il servait donc les bourguignons et le Comte d'Artois.
Il défendit donc Paris en 1429, contre.... Jeanne d'Arc
Certains disent qu'il participa à la rendre prisonnière...
L'idée que Jeanne trône désormais dans l'église qu'a bâti l'un des ses adversaires. Qu'aussi modeste que soit son image! Elle y ait trouvé sa place, tandis que Jean V n'y apparait pas physiquement.
C'est une coïncidence pour le moins cocasse, sinon un pied de nez de la part des Dieux.
Clyde TriCanauos, le bipède.
dimanche 31 juillet 2011
Fressin. Chateau Créquy.
Depuis bien longtemps, j'aurais dû y passer. Aller visiter le château des Créquy. Ce mois d'Aout qui vient sera mon troisième dans les sept vallées. J'aime tant me présenter comme un amateur des choses des temps jadis, que j'en éprouve quelques hontes.
Mais, j'y suis finalement allé, la semaine dernière, c'était un mardi.
Le château des Créquy sachez le, est un fantôme... Si vous espérez un château tout public, tout propre, avec ses meubles et sa vaisselle d'époque, alors passez votre chemin! Le château des Créquy, n' apparait qu'au travers de la végétation et un visiteur pressé n'aurait aucun mal à passer devant lui sans même le voir. Le chateau des Créquy, c'est un château de rêve.
Je suis entré sur le site un mardi de Juillet, le temps était bon, mais brumeux. Un couple en sortait et je n'y ai croisé qu'une famille. Autant dire que l'endroit reste sauvage et c'est une bonne chose. Je crois que les douves seraient moins romantiques, si elles étaient remplies de touristes.
Le site est plein de charme, un tantinet désuet... Ses squelettes de tours émergent parmi les arbres. On pourrait se croire à Brocéliande ou dans une région magique d'Ecosse. Tout n'est que quiétude. Tout est vert. On entend chanter les oiseaux. L'envie de se poser sur les quelques bancs abandonnés ça et là est très forte. S'asseoir et écouter parler les murs....
J'y ai eu un gros coup de cœur. Pas tant entre les tours. Mais en entrant dans les quelques mètres accessibles des sous terrains qui étaient fait de pierres blanches. Je les connaissais déjà. J'ai vu qu'elles ruisselaient d'humidité, comme mes propres caves... On dit que les locaux ont, les siècles précédents, utilisé le château comme une carrière. J'ai effleuré ces murs et j'y ai retrouvé une impression que je connaissais déjà. Celle des caves ma fermette. Car je crois qu'elle est bâtie ainsi. A partir des pierres de Parement du château des Créquy.
J'aime cette idée. Ça donne un peu plus d'essence à mon "Senos Goba". Ça m'accroche à cette terre marécageuse...e n'en doutais pas mais, ça me conforte dans l'idée que " Senos goba" est bâtie sur des morceaux d'histoire.
Vers 1430, Jean fit construire le château.
Durant le 15 eme Siècle de fastueuses fêtes y furent données. Le château connaissait alors sa période faste.
Vers1650, il était démantelé. Il deviendra ensuite, tristement un carrière de pierres...
Mais de nos temps, il est redécouvert et ouvert à la visite.
L'accueil est sympathique, j'ai écouté pendantplus d'une demie heure, un passionné qui occupe les lieux. Plus Espagnol que François! J'ai fait montre de mon inculture, mais il ne m'en a pas tenu rigueur. Ce type avec un chapeau de Cowboy était passionnant, j'espère l'écouter encore en d'autres occasions.
Merci à lui.
http://www.chateaudefressin.fr/
Le Bipède Clyde.
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